Gustave Doré (1832-1883), un peintre né

Gustave Doré (1832-1883), un peintre né


Exposition du 12 mai au 16 septembre 2012
Monastère royal de Brou, Bourg-en-Bresse

Le monastère met à l'honneur le travail de peintre de Gustave Doré. Célèbre pour son talent d'illustrateur, ses toiles sont peu connues, alors que plus de 200 sont recensées. Elles permettent d'attester d'un artiste réaliste, visionnaire et romantique de la deuxième génération. Ses tableaux offrent un autre visage de cet artiste infatigable et touche à tout qui, passionné par l'imaginaire littéraire et mythologique, par le sentiment romantique de la nature ou encore par le mysticisme de la foi, confessait lui même en 1873 : "J'illustre aujourd'hui pour payer mes couleurs et mes pinceaux. Mon cœur a toujours été à la peinture. J'ai le sentiment d'être né peintre".
Né à Strasbourg, c'est à Bourg-en-Bresse que Gustave Doré découvre la peinture, alors qu'il est élève au collège Lalande entre 1843 à 1847. Enfant prodige, il publie en 1845 à l'âge de 13 ans ses premières lithographies. Un témoignage rapporte qu'alors qu'il dessine déjà, les parents de l'un de ses camarades lui offrent une boîte de couleurs : le peintre est né.
Installé en 1847 à Paris, où il commence sa carrière d'illustrateur dans le Journal pour Rire de Philipon, Gustave Doré connaît très tôt la notoriété avec la parution des œuvres de Rabelais en 1854. Mais il n'en oublie pas pour autant sa passion pour la peinture. Il travaille la nuit à ses planches d'illustrations pour pouvoir peindre le jour. Il s'inscrit aux cours de Henri Scheffer, poursuit ensuite sa formation chez Dupuis, mais ne suit pas d'apprentissage académique. Doré présente une première œuvre au Salon de Paris en 1850, Les pins sauvages. Les critiques sont mauvaises, tant il est vrai que les prix distribués étaient pour grande part attribués par des peintres qui détestaient ceux qui ne faisaient par partie des académies existantes. Suivent de nombreux envois au Salon jusqu'en 1882, mais son talent de peintre ne sera jamais reconnu en France de son vivant.
En 1867, exilé volontaire, Gustave Doré ouvre à Londres la Doré Gallery et rencontre enfin le succès. L'accueil est triomphal. Le style de peinture de Doré, éclectique et marqué encore par le romantisme, correspond au goût dominant outre Manche, alors qu'en France, c'est le réalisme qui triomphe. Gustave Doré expose Dante et Virgile dans le neuvième cercle de l'Enfer, aujourd'hui dans les collections du musée, et Le Tapis vert à L'Egyptian Hall. Il fait la connaissance du prince de Galles et de la reine Victoria, qui lui achète en 1870 Psaltérion. Il rencontre de grands maîtres de l'aquarelle anglaise et c'est après la découverte des sauvages paysages écossais qu'il pratique l'aquarelle pure « pour obtenir des qualités d'intention et d'impression ». Beaucoup de ses œuvres vont ensuite partir pour un long périple à travers les États-Unis : une grande exposition itinérante y est organisée de 1892 à 1898.
Retracer l'ensemble de la carrière de peintre de Gustave Doré permet enfin d'évaluer son apport dans l'art pictural du XIXe siècle et de découvrir pour la première fois rassemblés en France des tableaux inédits. Ce panorama, souhaité le plus complet possible, offre à cet artiste multiple un immanquable hommage.