Cabinet des médailles, monnaies et antiques, Paris

Exposition du 11 décembre 2012 au 07 avril 2013


Au creux de la main, la médaille aux XIXème et XXème siècles


La Bibliothèque nationale de France s’associe à cinq institutions riches en collections de médailles pour mettre en valeur cet art souvent méconnu à travers une série d’expositions.

La médaille française connaît dans le dernier quart du XIXe siècle un extraordinaire renouveau tant dans son esthétique que dans ses thèmes. Des artistes comme Jules Chaplain et Oscar Roty (auteur de la célèbre Semeuse présente sur les pièces de monnaie pendant plus de 100 ans) la portent à un apogée, mais beaucoup d’autres leur emboîtent le pas à la faveur d’évolutions techniques qui facilitent l’accès d’un art jusqu’alors réservé à des graveurs spécialisés. Pour mettre en valeur leurs créations, les médailleurs les font tirer en grand format dans l’atelier du fondeur Antonin Liard dont l’exposition présentera des fontes d’artistes qui font mentir la réputation d’objet de petit format de la médaille.

Le goût pour la médaille s’étend alors à toute la société bourgeoise de la Troisième République dont elle fait le portrait, et célèbre également les savants et le « Progrès ». Les courants littéraires, le réalisme social notamment, s’y reflètent aussi. Les thèmes de la vie moderne tels que l’électricité, le chemin de fer, l’automobile, le dirigeable et l’avion, mais aussi la vaccination ou le sport font leur apparition dans les formes encore classiques de la représentation allégorique.

Rompant avec cette « légèreté dans le bronze » du style Art nouveau, la Guerre de 1914-1918, retracée par les créations du médailleur Pierre Roche au fur et à mesure des événements dans une «histoire métallique de la guerre», provoque un choc esthétique sous l’influence de la médaille satirique allemande.

Dans les années 1920, l’émergence d’un style épuré dit Art déco ou néo-grec, est encouragée dans la médaille par les conservateurs de la Bibliothèque nationale qui font l’éloge d’une nouvelle génération, celle de Paul-Marcel Dammann, Claude-Léon Mascaux ou Pierre Turin.