Musée des Beaux-Arts de Caen, Caen

Exposition du 20 novembre 2015 au 14 février 2016


L’expérience Caravage, autour du Souper à Emmaüs


Du 20 novembre 2015 au 14 février 2014, le musée des Beaux-arts de Caen présente L’expérience Caravage, autour du Souper à Emmaüs.

Œuvre originellement conservée à la Pinacothèque de Brera à Milan, Le Souper à Emmaüs a été peint en 1606 par Le Caravage (1571-1610) dans un contexte artistique singulier dans l’histoire de l’art, au tournant du XVIe et XVIIe siècle.

Le Souper à Emmaüs est une scène biblique racontant qu’un soir de Pâques, deux disciples se dirigeant vers Emmaüs rencontraient sur leur chemin un étranger, qui n’était autre que le Christ. Invitant l’anonyme à leur table, le Christ révéla son identité au moment de rompre le pain et de le bénir.

Version conservée à la National Gallery, Le Souper à Emmaüs1601, Huile sur toile, 141 x 196.2 cm

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Version conservée à Milan, Le Souper à Emmaüs, 1606, huile sur toile, 65,8 x 52,3

Pour représenter l’épisode évangélique, Caravage s’appuie sur deux passages rarement cités dans la Bible (Luc, 24, 13-35 ; Marc, 16, 12-13) et en a peint deux versions. L’une en 1601 est baignée d’une vive lumière artificielle permettant d’accentuer le contraste des zones dans la pénombre alors que celle datée de 1606 conservée à Milan dévoile une atmosphère plus intime, avec une lumière plus douce et un groupe de personnes davantage regroupé autour du Christ.

Pourquoi une telle évolution stylistique en seulement cinq ans ?

L’exposition propose d’en comprendre quelques aspects en resituant le contexte historique, période comprise entre la Réforme et le concile de Trente où les polémiques sur l’eucharistie fusent et 1606, date à laquelle également Le Caravage s’enfuit de Rome pour se réfugier à Paliano après avoir tué Ranuccio Tomassoni au cours d’une rixe.

Puis elle permet de souligner l’évolution iconographique et stylistique en exposant en pendant du tableau, une vingtaine de gravures sur le sujet avant de dévoiler une radiographie de l’œuvre, indiquant les volontés originelles du peintre. Pour pousser la réflexion, la suite de l’exposition s’ouvre sur d’autres visions peintes du Souper à Emmaüs par les « suiveurs » du Caravage, appelés les peintres caravesques, qui reprennent l’usage du clair-obscur, du décor toujours très peu encombré ainsi que d’un réalisme.

Enfin, l’exposition pésente The Quintet of the Astonished, une vidéo de Bill Viola, réalisée en 2000 révélant une véritable communauté de pensée avec l’art du maître italien.

INFOS

 

Tous les jours (sauf les mardis et les 5 avril, 1er et 14 mai) de 9h30 à 12h30 et de 14h à 18h. Tarifs : 5,50 € / 3,50 €, gratuit pour les moins de 26 ans, les abonnés au Pass’murailles et Amis du musée et pour tous le 1er dimanches du mois.

 

Texte : Anne-Laure Peressin