Les Sculptures de Daniel Hourdé dialoguent avec les Christ de Georges Rouault

Les Sculptures de Daniel Hourdé dialoguent avec les Christ de Georges Rouault


Exposition du 23 mai au 01 juillet 2012
Galerie Larock-Granoff, Paris

"Depuis 1991, Daniel Hourdé façonne des corps musculeux qui rappellent les écorchés utilisés en anatomie ou en dessin. Réalisées d’après modèles, ses sculptures de bronze relèvent d’une tradition académique qu’il s’emploie sans cesse à perturber. Empruntant au registre mythologique de célèbres figures – Le Minotaure, Narcisse, Athéna –, l’artiste détourne le réalisme des corps nus en usant de décalages et d’invraisemblances qui les rendent fictionnels, voire fantastiques. Son œuvre oscille entre comédie et tragédie, à l’image de l’existence au sein de laquelle s’inscrivent la vie et la mort, l’humour et le drame. Mais c’est aussi du point de vue de la matière ou de la couleur que s’opère parfois la confrontation. Dans un grand nombre de ses sculptures, Daniel Hourdé utilise les mots, des onomatopées le plus souvent, qui surgissent et, en toutes lettres, incarnent ce qui pourrait être les paroles ou les pensées de ses personnages". Anne-Lou Vicente.

Georges Rouault occupe une place singulière parmi les artistes du XXe siècle. Contemporain du Cubisme, de l'Expressionnisme et du Fauvisme, il n'a jamais revendiqué l'appartenance à l'un de ces mouvements. Souvent catalogué peintre religieux, il est avant tout indépendant. Ce n'est pas dans un système abstrait qu'il trouve son inspiration, mais dans la réalité la plus immédiate comme dans la spiritualité la plus élevée. Georges Rouault est un peintre qui n'a pas besoin de sujets religieux pour que ses œuvres soient empreintes d'un caractère sacré. Profondément croyant, l'artiste a peint de nombreux sujets religieux, dont certains ont une force extrême. Il a écrit : “ce mouvement instinctif, ce coup de barre, ce n’était pas l’influence de Lautrec, de Degas ou des modernes qui me l’avait inspiré, mais un besoin intérieur et le désir inconscient peut-être, de ne pas tomber, à la longue, dans le sujet religieux conventionnel”.