Proche, Carte blanche à Pascal Amel : nouvelles oeuvres, nouvel accrochage

Proche, Carte blanche à Pascal Amel : nouvelles oeuvres, nouvel accrochage


Exposition du 01 avril au 30 mai 2012
Galerie Albert Benamou, Paris

Prolongation avec un nouvel accrochage de l'exposition Proche, Carte blanche à Pascal Amel, exposition d'artistes contemporains du Maghreb et du Proche-Orient : Mahi Binebine, Hicham Benohoud, Aicha Filali, Nermine Hammam, Najia Mehadji, Rachel Yedid.

"Mettre en exergue les oeuvres phares qui ne cessent de se constituer entre l’Occident et le monde arabe, produisant le plus souvent une esthétique de l’hybride – un métissage des formes et des sensibilités où se tressent de manière inédite le corps, le ludique, l’affect, l’ornemental, la beauté, la spiritualité, le politique, la critique sociétale..." écrit Pascal Amel.
La démarche du marocain Mahi Binebine, qui est à la fois artiste et écrivain, est symptomatique de l’effervescence de cette nouvelle scène s’inspirant d’esthétiques multiples. Sa peinture circonscrit des silhouettes anonymes luttant et/ou s’accouplant, comme autant de signes affectifs et matériels s’imbriquant dans un espace rythmiquement entrelardé de lances. Ses dessins sont une épure oscillant entre le tragique et l’irréductible humain. Le questionnement de l’identité est également le lot d’Hicham Benohoud. Le motif de son propre visage occulté est décliné par séries dans sa peinture et ses photographies sans que l’on sache précisément s’il s’agit d’un déni de l’individu ou de l’invention ludique d’une nouvelle ornementation. Sa technique picturale doit beaucoup à sa pratique de photographe.
Soit peintes, soit présentées sous forme de créations numériques les Volutes de la Franco-marocaine Najia Mehadji, inventent une « calligraphie du féminin » unissant le geste, le souffle, les plis et les replis d’une ligne continue à la fois sensuelle et cosmique. Là où nécessité et liberté s’équilibrent au bénéfice d’un « sublime » contemporain inspiré par le soufisme.
L’oeuvre photographique de Nermine Hammam juxtapose des esthétiques de civilisations orientales diverses (Mésopotamie, Égypte pharaonique, Grèce antique, symboles coptes, etc...) qu’elle inclut notamment dans des portraits en pied de femmes composites. Elle crée des icônes pop contemporaines où l’ornement et l’hybridation sont les instruments d’une critique sociétale.
Enfin, la franco-israélienne Rachel Yedid, une artiste complémentaire, à l’exposition Traits d’Union, établit un parallèle entre les mouvements musicaux et ceux de l’âme, à travers la représentation de danseuses dont les postures et le rendu du textile blanc transcrivent une quête poétique. Corps, tissus, poses, tactilité de la touche et vibration des matières qui sont autant de références à la Peinture majuscule.