Julien Corcoran & Liam Porisse, Spirit Diggers

Julien Corcoran & Liam Porisse, Spirit Diggers


Exposition du 14 mars au 17 avril 2012
Blast Gallery, Paris

Julien Corcoran & Liam Porisse ne cessent de revendiquer l’influence de l’expressionisme abstrait sur la peinture contemporaine. Comme eux, les artistes de la nouvelle figuration abstraite ne cessent de dénoncer la destruction permanente de l’art pictural et de la peinture sous le couvert du modernisme abstrait et conceptuel. Ils posent un regard libre et dépassent les modes du moment. Ils déconstruisent pour mieux reconstruire la nouvelle narration picturale et l’expression abstraite.

Les deux artistes arrachent à la sacro-sainte critique une vérité plus profonde, aux évidentes et trompeuses apparences, aux images dénuées de sens et indécentes, Liam et Julien revitalisent l’art et redonnent à la beauté de la peinture : ses lettres de noblesse d’antan.

L’ordre voulu par la société devient l’architecture du semblant. Ils ne cessent de remettre davantage en cause la peinture traditionnelle sur l’autel de la marchandisation des sens et du concept métaphysique.

Dans leur quête du sens, l’exposition Spirit Diggers utilise un langage douloureux et ironique, elle démantèle une nouvelle fois le postulat d’un concept plastique opportun.

Tales of Brooklyn pour Julien, Abo pour Liam sont les emblèmes de la dénonciation de l’ordre établi et régulant à outrance des libertés picturales de l’artiste.

Les nouvelles séries présentées au sein de la galerie appartiennent à la période 2010-2012, elles sont brésiliennes ou françaises mais dénoncent la culture du nivellement artistique par des mediums usités et revisités ou pâles copies d’illustres prédécesseurs.

La culture du concept est balayée par d’étonnants et tumultueux aplats de couleurs métamorphosant la toile de lin, Liam s’adonne à cet art sacrificiel et donne vie à ses toiles pour bouleverser et insuffler à son public toujours plus nombreux, le vrai visage de l’art réel et métamorphosant.

Julien quant à lui dynamite la représentation de ses crânes vertigineux, étranges mais sans substance mortifère, en étale la matière, en fait au choix des formes suspectes ou des verticalités informes, des compressions d’aplats distincts et blanchâtres prêts à l’usage et envisageant l’appréhension véritable. La couleur éclate, coule, explose, brouille le réel au point que le spectateur se perd dans un paradigme idéal et inédit.

Julien et Liam dramatisent l’enjeu de leurs propos, ils surabondent les formes avec un appétit que quiconque n’oserait qualifier de commun ou de désuet. Les excentriques toiles de Liam dénoncent une civilisation et un individu désormais enchainé par le Contrat Social de Jean-Jacques Rousseau. L’harmonieuse peinture de Julien fait douter le profane comme le critique le plus averti de la dimension de l’homme et de sa destinée créatrice.

Julien et Liam préparent leurs toiles méticuleusement au moyen du dessin préparatoire et du croquis avant de les reproduire sur la toile. Le choix des couleurs se fait quant à lui dans l’instant et vise à donner à la toile une traduction libre et travaillée par la matérialité brute de la peinture mais soumise néanmoins aux aléas de l’inspiration et de l’instinct.

Ils déconstruisent mais recréent en déclinant à l’innombrable le nombre d’œuvres singulières, ribambelle du cycle de la vie et enchantant le monde contemporain par une vie tumultueuse et débordante d’énergies.