Antoni Clavé

Antoni Clavé


Exposition du 30 juin au 02 septembre 2012
Hôtel des Arts, centre d'art méditerranéen, Toulon

S’il y a assurément de la Catalogne dans l’œuvre puissant et coloré d’Antoni Clavé, c’est en France, et tout particulièrement dans le Var, que le peintre espagnol a passé l’essentiel de sa vie. En lui consacrant une rétrospective, l’Hôtel des Arts de Toulon rend donc en quelque sorte hommage à un enfant du pays, sept ans tout juste après sa disparition.

Il n’est pas exagéré de dire que toute son existence a été consacrée à la peinture si, à l’exception de l’enfance et l’intervalle de la guerre civile espagnole, on prend comme point de départ son entrée à l’âge de 13 ans aux cours du soir dispensés par l’Ecole des Beaux-Arts de Barcelone et, à la fin de sa vie, l’immense toile intitulée Le point rouge exécutée en 2004 à l’âge de 91 ans ! La peinture, il l’a en effet connue et pratiquée sous tous ses aspects : comme apprenti d’abord, entré à 13 ans dans l’entreprise de peinture en bâtiment Tolosa où il est initié aux secrets des apprêts, badigeons, colles, faux bois, faux marbre, au dessin de la lettre et au trompe-l’oeil. Une formation irremplaçable explique certainement la virtuosité technique dont il fera preuve tout au long de sa vie de peintre, comme affichiste ensuite, une nouvelle activité pour laquelle il quitte en 1933 le métier de peintre en bâtiment et l’école des Beaux-Arts.

Contre la tentation de souligner l’extraordinaire maturation de l’artiste – de ses premières affiches de cinéma à la période nabie, puis la révélation picassienne en 1944 – l’accrochage se resserre autour d’un parti pris plus étroit : celui de présenter l’œuvre des trois dernières décennies, à l’exception d’une salle consacrée aux toiles inspirées du Greco dans les années 1960. Si l’éclat chromatique des toiles y domine très largement (ah, les rouges de Clavé !), l’exposition rassemble aussi quelques gravures et sculptures qui s’offrent en écho à la peinture.